HOUSE OF FOWERS

 

Offrir des fleur est bien différent ici et là-bas, en terre natale. Mais encore une fois, Bakersfield fait mentir sa rumeur de ville rustre.

 

Ici les fleurs sont partout. Panneaux en bois peint, couronnes sur les portes d’entrées (souvent en plastique), carterie, petite décoration… et bien sûr… profusion de fleurs fraîches pour les mariages Chantilly comme dans les films.

Pourtant le fleuriste se fait rare. D’ailleurs je n’en avais jamais croisé. Les fleurs offertes ou reçues sont cueillies sur l’îlot « fresh flowers » aux couleurs qui piquent du Walmart, Albertson’s ou Cosco. Juste derrière le rayon candy (si l’article sur la sucrerie de l’Amérique vous intéresse, le voici), entre les deux rangées interminables de congélateurs géants.

Pas de Happy, pas de Monceau Fleurs, et encore moins de fleuriste de quartier. Pas de seaux remplis de fraîches couleurs sur plusieurs étages, pas de section verdure avec fougères et eucalyptus inodores, pas de bouquets de pivoines ou brassées de mimosa pour composer son bouquet élaboré, décadent ou champêtre. Pas de terrariums, véritables jardins de Sylvanians, pas de vases alambiqués ou suspendus. Pas de « C’est pour vous ou pour offrir? », pas d’emballage papier-plastique (qui me fascine toujours autant, et que je gardais précieusement pour reproduire chaque geste de l’habile fleuriste lorsque des invités offraient des fleurs à  mes parents, ou lorsque je chuchotai à ma mère de répondre « c’est pour offrir », même si les fleurs étaient pour la maison!), pas d’horrible et merveilleux petit jupon vert plissé sur les pots, pas de bolduc frisé aux ciseaux,… Tristesse.

Pourtant, en ne cherchant pas du tout, j’ai découvert House of Flowers. Un petit magasin de fleurs dans le « Downtown Bakersfield », ouvert il y a 10 ans par Amanda et sa maman. À contre-courant, car le fleuriste est une rareté, et le Downtown Bakersfield de l’époque était encore loin d’initier son renouveau créatif d’aujourd’hui. Leurs premiers client sont des « grands comptes » (au petit nombre de deux), qui leur ont permis de démarrer, puis de se diversifier. Plus tard, Ben (le frère d’Amanda) rejoint la famille et House of Flowers se concentre sur ses client fidèles « corporates » et réguliers, sur les commandes de bouquets en ligne sur leur site pour des événements, ou sur des bouquets « à la demande » si vous passez en magasin.

Les compositions sont travaillées avec des fleurs livrées quotidiennement (ils ont enfin un fournisseur de confiance et « auquel ils peuvent parler »… comme quoi même dans la fleur et les mignons petits cactus le monde est bien étrange) et House of Flowers se tient loin des « marketplaces »: en discutant avec la famille je découvre (ah naïve moi) que les fleuristes peuvent vendre en ligne des bouquets « pré-designés » par de grandes enseignes, sur des sites qui ne sont pas les leurs, mais qui proposent leurs services par géolocalisation. Les bouquets étant strictement définis à l’avance, les fleuristes participants se doivent de stocker les fleurs et vases en question… qui leur sont vendus par ces mêmes sites évidemment, qui sont en fait grossistes. Malins.
Résistance de House of Flowers qui tient à choisir ses fleurs et composer des bouquets spécifiques pour chaque client ou événement. Ils proposent une sélection sur leur site si l’imagination manque d’entrain, que chacun peut modifier en commandant un peu en avance…

Très peu de stock en stock, et donc beaucoup de place dans la place… ce qui permet à Amanda de décorer sa « maison des fleurs » avec de beaux meubles des années 50, d’exposer et de mettre en vente ses céramiques chinées (les grands-parents tenaient une grande boutique d’antiquités à quelques rues de là… piqûre de la chine dès l’enfance), et de proposer quelques objets de déco, bijoux, et bougies parfumées « made in California », par des entrepreneurs qui partagent ses valeurs commerçantes et commerciales.

House of Flowers, Bakersfield California, making a bouquet
L’établi. Crédit photo : Keskidees

 

House of Flowers, Bakersfield California, making a bouquet
L’établi, en joli bazar. Crédit photo : Keskidees

 

House of Flowers, Bakersfield California, Amanda's hands at work
Amanda au travail. Crédit photo : Keskidees

 

House of Flowers, Bakersfield California, the greenhouse
Peu de fleurs, mais que de belles choses. Crédit photo : Keskidees

 

House of Flowers, Bakersfield California, vintage potteries
Poteries de mes vacances en Normandie, mais dans une ville pétrolière de l’American Dream. Crédit photo : Keskidees

 

House of Flowers, Bakersfield California, selection of sold items
Fini les cadeaux au MégamarketGéant. Crédit photo : Keskidees

 

Évidemment, mes amis de la France, tout ceci vous importe peu car chez nous le bon goût est (presque) partout. Mais ici il est différent. Et quand il point, il est raillé par la ville de Les Anges ou celle de Saint-François, si proches, si raffinées, et parfois un peu parisiennement hautaines.

J’ai toujours eu un petit faible pour les outsiders, et Bakersfiled part de bien loin. Souffle bobo-hipster bienvenu dans une ville parfois un peu rustre, House of Flowers contraste avec les champs de puits de forage, et vous imaginez comme je suis heureuse de passer par chez eux chaque fois que mes pérégrinations automobiles me conduisent Dowdown…

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